Top of the Top : Coco




Pixar compte déjà plus de 20 films d’animation à son actif. Dont un nombre impressionnant de classiques : Le Monde de Némo, Ratatouille, La-Haut, Vice-Versa et à présent Coco ! Voici les 5 raisons  pour lesquelles le film de Lee Unkrich a largement sa place dans cette liste. Spoliers compris of course !

1. Une prise de risque payante

Il y a un peu plus de deux ans Pixar a annoncé vouloir « s’ouvrir à d’autres cultures ». C’est ainsi que Coco nous emmène au Mexique dans un récit qui s’inspire d’« El dia de los muertos », le jour ou l’on y honore la mémoire des morts. Une histoire qui met en scène des morts, voilà une idée étonnante quand on travaille chez Disney. Il y a des thèmes disons mmh… plus fédérateurs quand on cible des enfants non ? Cela s’est d’ailleurs ressenti d’un point de vue comptable puisque le film a engrangé trois fois moins de recettes qu’Indestructibles 2 (sauf au Mexique !). Beaucoup d’enfants – dont la mienne – effrayés par les revenants ont voulu quitter la salle pendant la projection. Pourtant cette prise de risque est bien ce qui fait le charme de Coco dans l’univers saturé des dessins animés. Le dépaysement est total et la quête de Miguel dépasse les propres questionnements des enfants. Coco est clairement un Pixar qui parlera autant voire plus aux adultes qu’aux enfants.

2. Un univers foisonnant

Pour mettre en image ce voyage vers le monde des morts, Pixar a vu les choses en grand. Reprenant les rites, traditions et figures mexicaines comme les animaux imaginaires appelés Alebrijes, les scénaristes ont construit un monde visuellement bluffant, ou les morts vivent  dans la pénombre mais où la vie et la lumière est partout. Comme si heureux de n’avoir pas totalement disparu ils se lançaient dans une fête interminable. Les décors sont volontairement rétro à l’image de la gare très « début de 20ème siècle » ou trônent de vieux ordinateurs à écrans cathodiques (des Mac forcément). Les morts sont le passé ils ne peuvent pas être à la pointe du progrès ! Ce monde a aussi sa propre hiérarchie sociale… à cause des vivants ! Plus les vivants pensent à vous plus vous recevez des offrandes et plus vous avez du pouvoir dans l’au-delà ce qui explique la mainmise du chanteur Ernesto de La Cruz sur ce monde. Un entre-deux monde festif où les morts célèbrent leur existence – tant que sur Terre des humains les célèbrent ils ont encore le droit de vivre. Une célébration de la vie dans le monde des morts en somme.

3. Un festival de fausses pistes…

Coco est un récit riche, mené à toute vitesse, à l’image de la course contre la montre de Miguel pour trouver un membre de sa famille prêt à le ramener chez les vivants. Avec lui, le spectateur remonte le temps et explore l’histoire de sa famille. Comme souvent dans ce genre de situations, Miguel apprendra des choses surprenantes sur sa famille. Des surprises qui seront autant de rebondissements dans le récit.
On ne répètera jamais assez à quel point Pixar a eu une idée de génie en racontant Coco du point de vue de Miguel. Bien entendu vous allez me dire c’est normal on est dans un dessin animé familial, normal donc que Pixar choisisse de se mettre au niveau d’un enfant pour raconter l’histoire. Pourtant les auteurs n’étaient pas obligés de le faire (on se souvient de La-Haut qui met en scène un retraité). Miguel, en tant que dernier membre de cette famille au passé complexe, porte en lui en quelque sorte le lourd héritage familial. Miguel propose le meilleur point de vue narratif car son destin est lié au passé de sa famille. Il doit le comprendre pour avoir. C’est cet héritage qui l’empêche de réaliser son rêve : devenir chanteur. Pour atteindre son objectif le voilà donc obligé de remonter le fil de son histoire familiale. Au fur et à mesure de ses découvertes, Miguel modifie son objectif. Voulant d’abord devenir chanteur, il décide ensuite de quitter le monde des morts, puis de finalement partir à la recherche de son arrière-grand-père, ensuite le réhabiliter avant de rétablir la vérité auprès de sa famille, en particulier sa grand-mère Coco. Au final un récit fourre-tout mais qui reste d’une cohérence inouïe.

4. …pour un final incroyable d’émotion

Si l’intrigue est menée à un rythme d’enfer, le récit ralentie d’un coup vers la fin pour un moment en suspension d’anthologie. Inutile de le décrire, vous savez de quelle scène je parle. Cette scène est une catharsis d’une qualité rare. Elle renverse le récit en lui apportant un éclairage nouveau et révèle des indices jetés tout au long du récit. auxquels nous n’avions pas fait attention. Le plus savoureux : le titre bien sûr. Coco ! Pendant près de deux heures nous avons vu Miguel se démener pour sauver sa vie et quitter le monde des morts. Le protagoniste devrait être lui et pourtant le film s’appelle Coco ! Coco vole littéralement la vedette à Miguel en une scène. On comprend à quel point elle a souffert toute sa vie loin de son père et dans l’incapacité d’en parler à cause de sa mère. Une souffrance presque incomparable à l’aventure de Miguel. Le rôle de Coco est même primordial car c’est son histoire qui va réconcilier toute la famille. Les ainés qui apportent sagesse et cohésion familiale, voilà encore un sous thème traité l’air de rien amené avec brio.
Ps : Coco devait s’appeler au début « Le jour des morts ». Le titre a été changé suite à une polémique sur le fait que Disney exploitait les traditions mexicaines. Ouf ! Coco est LE titre parfait !

5. Un thème rarement exploré et pourtant passionnant

Y-a-t-il une vie après la mort ? C’est LA question existentielle par essence ! La tradition mexicaine propose une vision intéressante de la vie après la mort que Coco exploite pleinement : nos morts restent en vie tant que les humains vivant les honorent. Ils peuvent alors vivre dans cet univers coloré et festif décris plus haut, prolonger la vie tout en voyant leur descendance grandir. Ce qui rend ce thème touchant c’est que du point de vue des vivants, cette vision de la mort est réconfortante. Parce que mine de rien, Coco – rappelons-le un dessin animé Disney – n’est rien de moins qu’un récit sur le deuil. La disparition d’un être cher laisse un vide impossible à combler et l’on se peut se sentir coupable de ne pas savoir comment honorer son souvenir. Parce que la roue du présent continue inexorablement d’avancer, progressivement de moins en moins de personnes autour de vous évoquent cette personne disparue et vous-même avec le temps vous devez avancer. Coco en rappelant qu’il faut honorer les morts et qu’ainsi leurs esprits continuent de vous accompagner propose de donner du sens au souvenir. C’est profond, réconfortant. Chapeau bas messieurs.

 

A vous de jouer

Et vous qu’avez-vous pensé de Coco ?



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