Top of the Flop : Star Wars : le Réveil de la Force




Star Wars : le Réveil de la Force reprend la saga de George Lucas là où s’arrêtait Le Retour du Jedi. Soit 30 après la mort de Dark Vador, un Empire qui renait sous le nom de Premier Ordre, des Jedi aux abonnés absents (en particulier Luke Skywalker) et une rébellion en déroute… Peut-être un des films les plus attendus de l’Histoire ! Au final, le plus gros succès de l’Histoire du Box-Office US et un résultat critique mitigé. Voici 5 raisons qui expliquent la faiblesse du récit.

 

1. Une intrigue qui se contente de capitaliser sur le passé

Comment satisfaire l’attente de millions de fans qui attendent depuis plus de 30 ans la suite d’une telle saga ? Voilà l’impossible enjeu qu’ont essayé de relever les scénaristes de ce nouveau Star Wars. Dès les premières minutes du film, on réalise l’orientation donnée à l’histoire : scrupuleux respect du cahier des charges de ce qui a fait le succès des précédents opus ! Un « nouveau » Vador, la République – pourtant au pouvoir à la fin du Retour du Jedi – pourchassée, un robot ressemblant étrangement à R2D2 qui porte un message – ah non pardon ça c’est dans la Guerre des Etoiles – une carte où se trouverait Luke Skywalker. Nos nouveaux héros vont devoir trouver le courage de s’opposer à l’Empire, non pardon au Premier Ordre, apprendre à maitriser la Force, et détruire une nouvelle Etoile noire. Ca ressemble à la Guerre des Etoiles ? C’est bien ce qu’ont reproché beaucoup de fans à cet épisode. Il y avait pourtant bien d’autres voies à explorer. Au hasard, un Luke Skywalker qui sombrerait du côté obscur de la Force et deviendrait l’antagoniste. Mais les enjeux d’un film dont Disney attendait (et a obtenu !) plus de 2 milliards de dollars de revenus étaient tels que le choix de procéder à un simple lifting semble rétrospectivement évident.  Se retrouvant en terrain connu et sans enjeux fort (retrouver Luke Skywalker ?), le public ne peut alors garder un semblant d’intérêt pour le récit qu’en observant les clins d’œil aux précédents épisodes.

 

2. Trop, beaucoup trop de personnages secondaires

Pour s’adresser à un public jeune, les scénaristes ont développé des personnages principaux (protagonistes et antagonistes) de leurs âges. Ils sont appelés à jouer les premiers rôles dans les prochains épisodes, la priorité est donc prendre le temps de les introduire et les développer. Mais respecter le cahier des charges des précédents Star Wars, c’est aussi parallèlement informer le public sur ce que sont devenus les anciens protagonistes de la saga. Seul hic, on parle d’une ancienne saga de 3 épisodes de 2 heures et donc de nombreux personnages : la Princesse Leia, Luke Skywalker, Han Solo, Chubaka, R2D2, C2P0… soit plus d’une dizaine de personnages qui ont leur propre histoire. Pour y arriver (et ménager un peu de suspense sur leur passé) les scénaristes les ont introduits au fur et à mesure de l’intrigue en prenant soin de mettre à la fin les moins charismatiques (princesse leia, R2D2, CPO).  Ces choix donnent le sentiment que l’ensemble des personnages ne sont pas développés comme ils le devraient. Notons quelques choix étonnant : le fameux lien fraternel entre Han Solo et Chubaka est mis de côté, Rey – l’héroïne – apprend très rapidement et toute seule (!) à maitriser la Force. Obinawan Kenobi ne serait pas heureux d’apprendre cela.

 

3. Des dialogues sans profondeur

Si des dialogues brillant ne font pas forcément un grand film, des dialogues ratés peuvent gâcher un récit brillant. Dans le cas de ce Star Wars, ils tirent malheureusement le récit vers le bas. S’ils arrivent à faire avancer parfois l’intrigue, ils restent la plupart du temps simplement descriptifs et n’apportent aucune profondeur ou épaisseur aux personnages. Le moment le plus gênant du film est sans conteste cette longue scène d’explication entre Han Solo et la Princesse Leia : un modèle de tout ce qui ne doit pas être fait dans des dialogues de cinéma ! Nos pauvres héros se retrouvent à s’expliquer ce qu’ils savent déjà, à savoir pourquoi ils se sont quittés ! On l’a compris ces dialogues sont destinés au public …

 

4. Un adversaire trop faible

Paradoxalement, Kylo Ren, le nouvel antagoniste appelé à remplacer Dark Vador est peut-être l’apport le plus original de cet épisode. Oui il porte une tenue proche de Dark Vador. Oui il n’est pas content et oui il est à la solde d’un nouvel Empereur (au passage un personnage trop peu exploité et dont on ne sait rien sur les motivations ce qui la encore influe sur notre intérêt à suivre l’histoire). Pourtant Kylo Ren est affublé de traits de caractère qui le distingue des antagonistes habituels : c’est un adversaire en « cours de formation », donc encore friable, pas tout à fait sur de ses motivations et sa filiation avec les héros de l’ancienne saga lui apporte une certaine aura qui donne envie de le découvrir plus encore, lui plus que tous les autres personnages de cette nouvelle saga. Néanmoins, si l’on se concentre sur ce seul épisode, Kylo Ren se révèle être un personnage trop faible pour inspirer la peur. Très vite on le sent en doute et Rey le domine rapidement dans ses combats. Le cliffhanger à la fin du film ne changera pas cet état de fait : nous avons trop d’empathie pour lui, trop tôt dans le récit… ce qui diminue l’enjeu dramatique de la future saga.

 

5. Y a-t-il un thème dans le film ?

Beaucoup de personnages, un univers à présenter, le besoin de surprendre toutes les 30 minutes le public en présentant un ancien personnage de la saga… Tout cela nous fait presque oublier que l’on suit Rey, au départ un personnage secondaire qui devient principal lorsque la rébellion la recrute. Son enjeu personnel ressemble un peu (beaucoup) à celui de Luke Skywalker : découvrir et assumer sa véritable identité et son rôle de leader. Comme dans l’ancienne saga, ce thème risque de devenir secondaire tant les scénaristes ont fait la part belle aux personnages secondaires (Poe Dameron semble parti pour devenir le nouvel Han Solo). Star Wars a certes en 1977 popularisé un peu plus la science-fiction, mais il a en même temps énormément simplifié le genre en le résumant à une simple lutte du bien contre le mal. Le basculement des démocraties vers des régimes autoritaires, un des thèmes des anciennes sagas et sujet de prédilection de George Lucas grand fan de George Orwell, est pourtant un sujet d’actualité fort – Poutine, Assad et Trump font la une des journées depuis des années – qui s’offraient aux scénaristes. Un thème peut être pas adapté à l’univers de Disney ?

 




 

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