La Fantasy : l’imagination à l’œuvre… avec des limites !


La Fantasy a depuis longtemps gagné ses lettres de noblesses, au point de devenir un genre à part. Un genre qui plus est très populaire, quel que soit le média (littérature, bd, cinéma, jeux…). C’est aussi une formidable source d’inspiration pour les auteurs et apprentis écrivains qui peuvent laisser libre court à leur imagination. A condition de prendre des risques…
 
La Fantasy va très bien, elle vous en remercie. Oh il reste bien ici et là quelques détracteurs -des fans, des libraires, des éditeurs, des lecteurs- qui vous dirons qu’elle n’est pas assez représentée. Mais les faits sont bien là : la Fantasy a gagné depuis longtemps sa place dans les récits, enfin séparée des genres auxquelles on l’assimilait auparavant : la science-fiction ou le fantastique. Un statut qui a changé grâce à de nombreux succès populaires internationaux. A commencer par Le Seigneur des Anneaux bien sûr. Véritable best-seller de la littérature. Puis les succès populaires au cinéma du même film et bien d’autres encore comme Harry Potter ou Avatar. Au rayon BD c’est simple on ne voit que ça ! La Quête de l’oiseau du temps, Thorgal… la liste est trop longue. Côté jeux inutile de vous parler de Final Fantasy et des jeux inspirés de romans, comme L’Ombre du Mordor et L’Ombre de la guerre tirés du Seigneur des Anneaux.
 

Fantastique Science-Fiction, Contes et Fantasy

Vous êtes surpris de voir Avatar cité comme récit de Fantasy ? Vous êtes loin de vos surprises ! Car la Fantasy couvre un territoire bien plus large que vous ne l’imaginez.
Fantasy provient du grec « imaginaire ». C’est la particularité de ce genre : l’évocation du merveilleux. La magie est omniprésente dans ces récits. C’est ce qui différencie la Fantasy du Fantastique ou de la Science-Fiction, genres qui s’encrent eux dans le monde réel, et où le surnaturel y est plus suggéré que concret : sous forme de suspens par exemple.
Dans la Fantasy, le surnaturel est accepté, la plupart du temps positivement, il fait partie du quotidien. Le héros ou ses alliés bénéficieront de cette magie, là ou dans les autres genres, le surnaturel est synonyme de peur et de danger (Alien).
 

 

Signe de sa richesse, la Fantasy a donné naissance à différents courants liés à l’époque ou la présence ou non d’un monde réel. Parmi les plus connus :

 

 

Dans l’inconscient collectif, la Fantasy est naturellement rattachée aux mondes médiévaux (Seigneur des Anneaux oblige). Pourtant ce genre, dans le sens large du terme, s’étend à bien d’autres territoires. Dans une galaxie fort lointaine par exemple… Star Wars est en effet de la Space Fantasy. La Fantasy et ses variantes comptent parmi les plus grands succès de l’histoire du cinéma, loin devant la SF ou les Comics. Ce succès n’est pas anodin.

 

Un genre qui a tout pour plaire

La Fantasy a une particularité très intéressante : elle est adaptée à tous les médias. Très visuelle avec ses décors merveilleux, ses sorciers ou ses démons, elle est au même titre que la Science-Fiction extrêmement populaire dans les arts visuels (cinéma, bd). La description d’un nouvel univers, avec ses codes, ses rites, fait appel à l’imaginaire du public et en fait un genre tout à fait approprié pour la littérature ou les médias interactifs (jeux vidéo, jeux de rôles).
Parce que le public se retrouve immergé dans un nouveau monde et pour le coup s’évade totalement de son quotidien, la Fantasy créé un sentiment communautaire très fort. Des groupes de fans peuvent se créer autour de ces récits, des débats vont naitre sur le mode de vie de ces univers ou les personnages. Certains fans iront même jusqu’à se réunir habillés comme les protagonistes ou voudront récréer artificiellement ces univers. Cet attachement n’existe pas pour des genres plus conventionnels comme les thrillers ou la comédie.
L’identification à ces mondes imaginaires est renforcée par la multitude d’informations données au public. Sa genèse, son passé les forces en présence… Le public a rapidement une vision des enjeux et souhaite connaitre le devenir de ce monde.  Cette vision est renforcée par le fait que les récits de Fantasy s’inspirent des mythes, des légendes, des religions, toutes ces histoires qui ont forgé l’humanité, en particulier le monde occidental.

 

Se lancer dans la Fantasy : un plaisir pour les auteurs

Il n’y a pas que le public qui se passionnent pour ces mondes imaginaires, il y aussi les auteurs. Partir d’une feuille blanche et construire de toute part un monde, quel projet ambitieux et quelle liberté pour l’esprit. Tout semble possible, on se retrouve tel des Dieux à faire des cartes, imaginer les organisations sociales, les tenues des personnages, leurs pouvoirs. Il n’y a pas de limite dans la création de cet univers contrairement aux récits policiers, les drames ou les comédies qui s’inscrivent dans un monde réel et une époque définie qu’il faut respecter. En fait il n’y a qu’une règle : dépasser ses propres limites. L’enjeu de la Fantasy est simple : il faut transporter le public dans un autre monde, qu’il oublie le sien. Plus l’auteur parviendra à l’en éloigner plus son pari sera réussi. C’est pourquoi à leur simple évocation, beaucoup de récits de Fantasy rappellent des images fortes au public (le scorpion géant de La Tour Sombre, Falkor le dragon d’une Histoire sans fin…). Créer un univers neuf sera à la fois un challenge et une chance pour un auteur. De ce point de vue la Fantasy est un terrain de jeu sans limite. Malheureusement c’est souvent au détriment d’autres aspects du récit… et pas des moindres.
 

Un genre avec encore bien trop de limites

Même si elle propose un vaste éventail de sous-genres, la Fantasy reste extrêmement codifiée. C’est paradoxalement ce qui lui donne sa force mais aussi sa faiblesse. Sa force car le public sait à quoi s’attendre. Le genre procure une forme de confort dans sa structure. Le public sait à quoi s’attendre comme on a pu le voir dans les descriptifs des sous-genres, quels types de personnages il va retrouver (elfes, gobelins etc). Presque chacun de ces sous-genres a son maitre-étalon qu’il convient de respecter (Tolkien, King, Rowling…). Illustration récente de ce respect (trop) scrupuleux des codes de la Fantasy : la série Stranger Things a été construite autour de l’hommage aux récits du genre dans les années 80.  Le plaisir du public proviendra bien souvent plus dans la description du monde que dans l’intrigue. Ces descriptions peuvent elles-mêmes prendre une part trop importante dans le récit.
Les victimes : les fondamentaux du récit.
  1. L’intrigue, souvent ramenée à une manichéenne lutte du bien contre le mal,
  2. Les personnages, caractérisés par leurs pouvoirs et des faiblesses limitées,
  3. Le thème –  en lien avec les deux points précédents – assez simple : tolérance ou respect de l’environnement. Des thèmes bons enfant sans réel traitement de fond.
Partant du fait que le public les attend surtout sur des points précis de la Fantasy (les pouvoirs du personnage, l’esthétique du méchant, le monde dans lequel ils évoluent), beaucoup d’auteurs de Fantasy se concentrent naturellement dessus. Alors qu’il y a justement une opportunité de faire de construire des récits originaux et profonds.
 

Explosez les codes !

Voilà la règle ! C’est la condition pour être original et pour laisser totalement libre court à votre imagination !
Les fondamentaux des récits dramatiques sont les mêmes quels que soit le genre, analysez-les, regardez comment vous pouvez sortir des sentiers-battus. C’est une manière de se démarquer mais aussi de donner de la profondeur à votre récit.
 ps : Merci à Sidoine André, pour sa relecture d’expert 😉

 

A vous de jouer

Comment apporteriez-vous un souffle nouveau à la Fantasy ?

 


 

2 thoughts on “La Fantasy : l’imagination à l’œuvre… avec des limites !

  1. J’aime bien l’article.
    C’est un bon résumé pour le genre. Il est vrai que l’on ne parvient pas toujours à se défaire des codes et des classiques, mais le meilleur moyen d’apporter du nouveau dans la fantasy c’est de s’inspirer de sa culture et de tout ce qu’on porte en nous. Tolkien, King… ils ont déjà écrit leur histoire en s’inspirant de leur connaissance du monde, des légendes, des hommes et de leur culture. Pourquoi ne pas en faire autant au lieu de chercher à suivre le même chemin ?
    Comme le disait Dany Laferrière dans « journal d’un écrivain en pyjama », il faut écrire au plus près de soi, c’est la seule façon d’être original.

    1. Merci;) Comme tu l’indiques, au départ lorsque se pose pour écrire, c’est parce qu’on a quelque chose de personnel à dire au monde.
      Je vois que nous avons un ami commun, ce cher Dany Lafferrière… je pense qu’on en reparlera bientôt dans Magic Story 😉

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