Interview de Dominique Desormière, auteure de « Shams, le soleil du Yemen »




Dominique Desormière est une femme épatante. Curieuse, débordante d’énergie, des idées de récits pleins les cartons et toujours positive. Des qualités qui se retrouvent dans son dernier livre Shams, le soleil du Yemen sur lequel j’ai eu la chance d’apporter un regard extérieur. Interview d’une artiste inspirée, reine du voyage.   
 
 
Peux-tu raconter ton parcours d’écrivain et comment est arrivé l’écriture dans ta vie ?
En 2001, je rentrais en France après 10 ans passés à l’étranger où j’avais échangé dans différentes langues. J’avais complètement oublié mon Français. J’ai donc poussé la porte de l’Université de Toulon pour y reprendre des cours. J’avais alors une vague idée d’écrire un livre sur le Rwanda.

 

Comment se sont déroulés tes premiers pas d’écrivain ?
Lors de la présentation, l’animateur m’a demandé quel était mon projet d’écriture. Je n’avais jamais écrit et je n’avais aucune idée de ce que j’allais écrire. Je m’étais complètement trompée de cours.
J’étais alors infirmière dans une maison de retraite où j’avais en charge d’animer le goûter. Un jour, une résidente m’a raconté sa rencontre en 1939 avec un jeune militaire qui lui avait demandé d’être sa marraine de guerre. Celui-ci partait au front le lendemain. Il devint son mari à la fin de la guerre. Nous avons écrit ce livre tous les après-midi avec les résidents, car tous avaient une anecdote à raconter. Ce fut mon premier roman « Qui vois-tu quand tu me regardes ? ». Il a été édité aux éditions du CIVD après avoir gagné le premier prix de l’Université au Salon du livre de Toulon en 2002. Il n’en fallait pas plus pour déclencher la passion de l’écriture.

 
De quoi parle ton livre Shams, le Soleil du Yemen
Shams est une Yéménite de vingt-cinq ans. Un diplôme de journaliste, elle milite pour les droits de la femme et des enfants. Shams suit des cours de gestion à Paris, à la demande du ministre de la Santé yéménite. Ce stage lui est nécessaire pour accéder au poste de responsable de l’orphelinat qui ouvrira dès son retour. À l’occasion d’une fête donnée par une amie étudiante, elle rencontre Nicolas Degrain. Celui-ci, trente ans est inspecteur de la brigade anti-criminelle. Les jeunes gens flirtent et s’apprécient de plus en plus. Au départ de Shams, une correspondance assidue se met en place. Quelques mois plus tard, Nicolas est invité au mariage de Naglate, la jeune sœur…

 

Le livre raconte l’histoire d’une femme qui se bat pour maîtriser son destin. Est-ce que Shams c’est toi ?
Non, ce n’est pas moi. Je suis très fière d’avoir une filleule au Yémen qui s’appelle Shams/Dominique. Elle était bébé, je ne l’ai jamais revue. J’ai vécu avec une famille yéménite. Nous étions très liées, c’est cette famille qui m’a inspiré ce roman.

 

Ton livre a la particularité de nous faire voyager dans des pays dont on parle peu. Pourquoi avoir situé ce livre au Yémen ?
J’ai travaillé comme infirmière au Yémen de février 1992 à juillet 1993. Ce pays et ses habitants m’ont envoûté, je ne pouvais plus rentrer en France.

 

Quel message voulais-tu passer à travers ce récit ?
J’ai vu le regard d’une petite fille de 12 ans, le lendemain de son mariage. Crois-moi, c’est inoubliable.
Les lois sur la régulation de l’âge du mariage et contre les mutilations génitales étaient presque votées avant la guerre. Malheureusement, ce sera à recommencer. Ce qui se passe dans le livre est réel, c’est terrible et il faudrait bien que tout cesse.
 
Comment organises-tu ton travail d’écrivain (inspiration, écriture, relecture, implication dans la promotion ?)
Je commence mon livre dans ma tête. Je cherche l’incipit, les premières phases, je visualise le film de l’histoire. Ensuite, je fais un plan, des fiches personnages, lieux et culture. Quand je me sens prête, les après-midi, je m’assieds à l’ordinateur et ça vient tout seul, j’écris au kilomètre. J’aime écrire la nuit. Jusqu’à maintenant, j’ai écrit sur du vécu, mais mon prochain livre sera fantastique. J’ai hâte de m’y mettre. Ce sera un challenge pour moi. Pour ce qui concerne la promotion, je dois avouer que je ne suis pas très à l’aise pour me vendre.

 

Quelle est la partie que tu préfères et celle que tu apprécies le moins ?
La partie rédaction est ma préférée. Parfois, je me sens habitée par l’écriture, réellement. J’aime bien aussi la réécriture pendant laquelle j’essaye de faire du style. Ce qui me pèse ce sont les corrections, c’est terrible, chez moi il y a une faute à chaque mot.
 
Quels conseils donnerais-tu aux écrivains qui souhaiter se lancer ?
Suivre ma devise : « Toujours aller au bout de ses rêves ». Ne pas hésiter à vous faire épauler si vous le pouvez.

 

As-tu d’autres Magic Stories dans ton chapeau ?
Plusieurs ! Deux longs-métrages à rédiger. Deux courts-métrages à retravailler et un roman fantastique que je commence dans ma tête. Je pense que ce sera mon dernier roman. C’est très fastidieux surtout pour moi. J’écris un roman en deux mois, mais il me faut deux ans pour le corriger. Heureusement, je suis supervisée par un Magicien très efficace.

 

 




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