Choisir un titre ou l’art de résumer un récit en quelques mots


Ça y est, il est prêt ! Vous avez mis la dernière main à votre œuvre. Il manque juste un détail : choisir le titre. Un détail… vraiment ?
 
Choisir le titre de votre œuvre, c’est tout sauf une formalité. A moins d’une inspiration au début de votre projet qui s’est avérée payante au final, la recherche d’un titre est souvent le résultat d’un douloureux processus. On parle tout de même de donner un nom définitif à votre « bébé », trouver les fameux mots clefs qu’utiliseront tous ceux qui en parleront à l’avenir. Ces mois de travail consacrés à l’écriture de votre œuvre ne méritent-ils pas un joli titre ? Au-delà de ces considérations parentales, le choix d’un titre pertinent et original revêt une importance stratégique pour l’auteur.

 

Un bon titre pour se démarquer

Comme l’indique certains éditeurs « Le titre fait partie de l’œuvre, donne une vision de l’auteur et dois donner envie d’en savoir plus ». Capter l’attention donc. C’est bien évidemment dans la littérature que le titre revêt la plus grande importance. La bande-annonce et l’affiche jouent un grand rôle dans l’identité d’un film au cinéma, tout comme la couverture et la qualité graphique pour une bande-dessinée. Le titre en littérature dois lui donner envie de retourner le livre et lire la quatrième de couverture.
Un mauvais titre n’est pas synonyme d’échec. Mais vous risquez de vous perdre dans la masse. Pire encore, vous risquez d’induire en erreur le lecteur si ce titre est éloigné de l’intrigue ou du thème.
 

 

Pas de méthode miracle… juste du bon sens

Existe-t-il une méthode pour trouver un titre de manière efficace ? Faux-t-il faire appel à un magicien ? Certains vous recommanderons des méthodes plus ou moins inspirées pour trouver votre titre. Les bonnes vieilles méthodes de brainstorming (écrire les mots clefs du récit, les associer,…). Why not.
Si vous être vraiment bloqués, ne vous obstinez pas. Prenez juste des notes quand des idées vous viennent en tête tout au long de votre phase d’écriture. Puis attendez de finir votre manuscrit pour valider le titre… tellement de choses peuvent arriver entre le concept et le travail fini. Enfin testez-le : demandez à vos premiers lecteurs leur avis et recommandations.
Et gardez toujours ce principe en tête : ce qui compte au final c’est que ce titre ait du sens. Pour l’histoire. Pour votre futur lecteur.
Pour vous aider dans votre recherche, voici quelques bonnes et mauvaises pratiques (ben oui ça aide aussi)

 

Bonnes pratiques et pistes de réflexion 

  • Pourquoi ne pas opter pour un titre percutant et original. Le Bruit et la fureur, c’est pas beau ça comme titre ? (au passage c’est de William Faulkner, pas de Jean-Luc Mélenchon). Faites sortir du lot votre œuvre !
  • Pensez à rester proche du genre auquel votre œuvre se rattache. « Mort » ou « meurtre » sont souvent rattachés aux récits policiers, « amour » aux récits de romance, …. N’oubliez pas pour autant le précédent point : prime à l’originalité !
  • Faites le lien avec l’intrigue ou le thème de votre histoire ou l’intrigue. Le titre doit avoir un sens par rapport à l’histoire. Tellement d’œuvre se contentent de donner le nom du protagoniste (Lucy, Sabrina, Gilda…) ou le lieu (Paris, New York New York…) mais que nous apprennent-ils sur l’œuvre ? Toutes les histoires ont un protagoniste et un lieu d’action… Les mots que vous choisirez détermineront la vision voire l’attente qu’en aura le public. Les traductions des titres d’œuvres étrangères montrent à quel point leur sens peut varier : Le film Good Fellas de Martin Scorsese mettait l’accent sur l’amitié d’une bande d’amis, la traduction française (Les Affranchis) sur le genre mafieux.
  • Cherchez le moment idéal dans votre récit sur lequel vous souhaitez donner l’accent. L’incident déclencheur est une piste intéressante à creuser. C’est souvent lui qui est repris pour les titres de comédies (9 mois, Un jour sans fin…). Le risque ici est dévoiler un moment clef du récit, mais le but n’est-il pas déjà de convaincre le public a s’intéresser à votre œuvre ?
  • Tenez compte du ton et de la narration pour choisir votre titre. Restez cohérent avec votre œuvre, dont le titre fait pour rappel partie. Pas de titre à la troisième personne si votre œuvre est à la première personne par exemple.
  • Jouez avec le mystère ! Quoi de plus alléchant qu’un titre qui vous questionne comme L’Insoutenable légèreté de l’être (comment la légèreté peut devenir insoutenable ?) ou qui joue sur des symboles comme Un Sac de billes (quel rôle joue ce sac de billes dans l’histoire ?)
  • La mode est parait-il au titres courts, très courts, voire très très courts. Un seul mot en somme. Facilement identifiable, facilement marketable. Même la musique s’est emparée du phénomène. A utiliser avec parcimonie : le titre – même court – doit avoir du sens.

 

Des écueils à éviter

  • Ne dévoilez rien d’important dans votre titre ! A votre avis comment se termine le film Les Evadés?
  • Éviter les termes négatifs. Il faut avoir une certaine forme de courage pour prendre dans les mains Le Dernier jour d’un condamné ou Les Souffrances du jeune Werther. Ces titres ne sont pas en soit mauvais, au contraire ils sont brillants. Et ils respectent la promesse faite au lecteur (vous allez souffrir !). Mais pensez au fait que le lecteur recherche plus de l’évasion que l’idée subir des épreuves insoutenables. A utiliser donc si le récit l’impose, une histoire d’horreur par exemple.
  • Attention à l’ironie dans le titre. Si elle n’est pas directement compréhensible, elle peut créer un malentendu chez le

 

Halte aux clichés

  • Évitez les titres communs (une ville ou un prénom…)
  • Fuyez les termes trop complexes (trop prétentieux)
  • Faut-il ajouter un sous-titre au titre ? Certains éditeurs préconisent de le faire. Pourtant leur utilisation interroge : l’auteur ne trouvait-il pas son titre assez fort ?
  • Les titres en anglais sont de plus en plus nombreux… Qu’est-ce qui justifie l’usage de l’anglais ? S’il y a un lien avec le thème, l’intrigue ou le ton du récit ok. En dehors de ces cas de figures, le titre anglais apparait juste comme un effet de mode.

 

Il y en a qui ont essayé

  • Jouer sur le décalage mais (Eyjafjallajökull,, Rrrrrr). C’est rarement payant (ces deux films sont des échecs commerciaux…), mais ça fait parler…
  • Opter pour un titre à rallonge (Eternal sunshine of spotless mind)

 

A vous de jouer

Ca y est vous avez trouvé le titre parfait ? Ah j’oubliais… juste un petit détail pour finir. Pensez à l’aspect juridique. Pas sûr que vous puissiez garder « 50 nuances de grey » comme titre.

 


 

4 thoughts on “Choisir un titre ou l’art de résumer un récit en quelques mots

  1. Encore un très bel article fort utile pour les auteurs novices. C’est vrai que les titres ne sont pas évident à trouver. Il faut rajouter que l éditeur à le dernier mot. Un plaisir de lire notre magicien. À bientôt.

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