Bilan Cinéma 2017 : et les Magic Story d’Or 2017 sont attribués à …




Difficile de faire le bilan d’une année. Exercice forcement subjectif, qui ne se base que sur ce qui a été donné à voir. Chiche on essaye quand même ?

 

Est-ce le fait d’une homogénéisation en marche des récits, symbolisée par le rachat de la Fox par Disney ? Ou de l’actualité qui ces derniers temps va plus vite, plus fort que la fiction (Brexit, Trump, Catalogne… ) ? Quoi qu’il en soit, 2017 n’aura pas été une grande année de cinéma. La qualité n’a globalement pas été au rendez-vous, et les récits ont peut-être manqué de prises de risques.

 

Tour du monde 2017

Ce qui marquera le cinéma américain en 2017, c’est son besoin croissant de faire parler les diversités. Hollywood a rarement été autant attaqué sur ce sujet, que ce soit son manque d’ouverture aux Oscars ou l’omerta dévoilée autour d’Harvey Weinstein. Les succès de films comme Detroit ou Get Out sont emblématiques d’un cinéma qui doit s’adresser à tous et défendre des valeurs démocratiques sous l’ère Trump. Aussi beau soit-il, La La Land ne ressemble de ce point de vue qu’à une tentative de recycler la magie du passé pour esperer durer. Durer avec des formules utilisées jusqu’à l’écœurement (les franchises Marvel, Star Wars, Disney, DC Comics, les suites, les reboots, etc.)
Comment ne pas parler du cinéma américain sans parler de Netflix. Comment échapper à l’impressionnante promotion dans les rues, les métros de Bright, son premier blockbuster avec Will Smith ? La concurrence au cinéma s’étend aujourd’hui bien au-delà des majors et d’Hollywood. Il faudra de plus en plus regarder vers la Silicon Valley pour chercher des projets originaux. Un exemple ? Netflix  produit actuellement le prochain film de Martin Scorsese- The Irishman – avec excusez du peu : Robert De Niro, Al Pacino, Joe Pesci et Harvey Keitel !
En Asie, la Chine continue à prendre de l’ampleur avec un marché en croissance exponentielle et des succès nationaux qui n’ont rien à envier à ceux d’Hollywood. Wolf Warrior 2 ça vous parle ? C’est le 6ème succès mondial de 2017 avec 870 millions de dollars de recettes (dont 854 en Chine) ! La Corée du Sud continue de proposer un cinéma brut toujours passionnant, avec notamment un retour en grande forme de Park Chan Wok avec Mademoiselle (son Rashomon),  même si l’on n’atteint pas les sommets de ses productions des années 2000.
En France, avec 209 millions d’entrées, le CNC tire déjà un bilan positif de 2017. C’est tout simplement la 3ème meilleure année depuis 50 ans ! Le cinéma français va mieux merci pour lui avec  78 millions d’entrée (37,4% de parts de marché). Ce qui impressionne surtout cette année ce sont ses performances groupées. Pas d’arbre qui cache la forêt en 2017 : pas de comédie à 20 millions d’entrées type Intouchables ou Bienvenue chez les Ch’tis. 16 films français ont dépassé le million d’entrées, et ce dans beaucoup de genres : comédie bien sur (Raid Dingue, Alibi.com, Le Sens de la fête), la science-fiction (Valerian et la Cité des milles planètes), drames (Patients) ou dessins animés (Sahara). Des films exigeants comme (120 battement par minute, Le Redoutable) ont aussi trouvé leur publics. Même Albert Dupontel  a connu un large succès avec Au revoir là-haut c’est dire !
 

Parce qu’il faut bien un top…

Je vous avais dit tout le bien que je pensais de La La Land dans un précédent article. Plus qu’un tour de force (faire revivre l’Age d’or d’Hollywood à travers une intrigue romanesque au final déchirant) : un tour de magie ! Déjà un classique.
Il faut remercier la muse qui a décidé Terrence Malick à revenir au cinéma il y a maintenant 20 ans avec La Ligne Rouge. Son appétit est tel que comme Woody Allen, on attend à présent chaque année la sortie du « nouveau Malick ». Toujours aussi aérien et contemplatif, Song to Song est pourtant plus structuré que ses récents films. Il y a une histoire d’amour, un antagoniste passionnant, toujours ces personnages ambiguës, qui doutent, qui se cherchent. Un Malick avec une structure narrative enfin ça faisait longtemps 😉
Mother ! est un impressionnant tourbillon émotionnel, qui rappelle beaucoup The Wicker Man dans son traitement radical. Comme dans Black Swan, son précèdent chef d’œuvre,  Darren Aronofsky revisite un ancien récit (ici l’Ancien Testament) et le transpose dans un univers moderne.  La mise en scène – d’une maitrise formelle éblouissante – nous entraine dans la folie de cette mère (nature), transformant la maison en arène où se joue le destin de l’Homme, comme l’explique merveilleusement dans un forum Allociné un internaute. Un film qui ne laisse pas indifférent !
Dunkerque est-il un film mineur dans la grande filmographie de Christopher Nolan ? Les avis sont partagés. Il y a pourtant des partis pris étonnants que j’avais exposé à sa sortie qui forcent le respect.
Barry Seal (ou le mieux nommé American Made aux US) a lui aussi tout du film mineur. Cette histoire vraie d’un pilote à la fois indic pour la CIA et passeur de drogue pour le Cartel n’a sur le papier rien de transcendant. Le film est pourtant d’une fraicheur étonnante. Tout d’abord parce que l’intrigue comporte de très nombreux rebondissements… qui ne pourraient presque pas marcher dans une fiction. Mais il y a ici une différence de taille : tout est vrai ! Des banques qui s’installent dans le petit patelin de Barry pour recycler son argent sale, ses poursuites avec l’aviation civile et j’en passe ! Inutile d’en dévoiler trop si vous ne l’avez pas vu : il faut absolument que vous découvriez la vie ahurissante de cet homme ! L’autre réussite du film c’est le personnage de Barry Seal. Un pantin écartelé entre le Cartel et la CIA, entre l’ordre et le chaos. Une sorte de looser magnifique qu’on croirait sorti d’un film des frères Cohen. Le choix de Tom Cruise, qui encore une fois joue avec son image de wonder boy, est une idée lumineuse.

 

Au rayon flop

Des questions existentielles m’ont taraudé à la vision de certains films :
  • Peut-on vraiment dépenser 200 millions d’euros pour une intrigue qui tient sur un bout de papier et des personnages stéréotypés (Valerian et la Cité des milles planètes) ?
  • Oseriez-vous caractériser un méchant sur un seul fait, dès la scène d’exposition et en moins de 5 minutes, genre « mon client a cassé son contrat je ne suis pas content je vais me venger » ? Les scénaristes de Spiderman Homecoming eux ont osé. Même pas peur.
  • Will Smith de mauvaise humeur qui se bat contre de méchantes bêtes : est-ce une suite Men In Black? Independance Day ? ou un film original Netflix  ?
 

Un menu 2018 appétissant !  

Le retour des Indestructibles, le Marvel ultime avec Thanos (Infinity War), le grand scénariste Aaron Sorkin (Le Stratège, Social Network) qui réalise son premier film (Le Grand Jeu), Woody Allen (Wonder Wheel), Clint Eastwood (15 :17 Paris), Paul Thomas Anderson (Phantom Thread), Paul Verhoeven qui retourne en France (Sainte Vierge), Martin Scorsese qui filme Pacino et De Niro (The Irishman), Wes Anderson (L’Ile aux chiens), Shane Black qui reboot son Predator, Terry Gilliam qui réalise enfin son film maudit (L’Homme qui tua Don Quichotte), le Terrence Malick annuel (Radegund), le premier film de Xavier Dolan à Hollywood (The Death and life of John F.Donovan), Paolo Sorrentino (Loro) Jacques Audiard (The Sisters brothers), Guillermo Del Toro (La Forme de l’eau), Joel & Ethan Coen (The Ballad of Buster Scruggs)…. ah j’oubliais : 2 (!) Steven Spielberg (Pentagone Papers, Ready player one).
En un mot : Miam !
 

A vous de jouer

Et vous quel bilan cinéma faites-vous de 2017 ? Quel film attendez-vous en 2018 ?




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