22 règles pour construire une histoire réussie selon Pixar




Ils ont ouverts la boite de Pandore ! D’anciens auteurs Pixar ont dévoilé la potion magique pour concocter des récits réussits dont eux seuls avaient le secret jusqu’ici.
 
Depuis plus de 20 ans, Pixar c’est 18 films d’animation, 12 oscars et 4,6 milliards de dollars de revenus sur le seul sol américain. Des chiffres impressionnants. Durant cette période, Pixar est surtout devenue une des références mondiales – avec les Studio Ghibli – dans l’art du storytelling de films d’animation. Au point d’être racheté par Disney en 2006. Les nombreux documentaires inclus dans leurs Bonus DVD nous avaient éclairé sur leur méthode de travail : priorité totale à la qualité du scenario. Le réalisateur est le chef d’orchestre mais chaque acteur du film est appelé à proposer des idées pour perfectionner l’histoire.  Un système qui vu de France, pays du scénariste-roi, peut surprendre. Pourtant à la vue globale des œuvres produites par Pixar à ce jour, difficile de leur donner tort.

 

 

22 règles « maison »  

D’anciens auteurs Pixar dévoilent aujourd’hui un peu plus ce process de construction du récit chez le studio californien. Emma Coasts, ancienne scénariste, a récemment partagé 22 règles de storytelling. Règles ensuite détaillées par Stephan Vladimir Bugaj dans un document plus complet et téléchargeable gratuitement sur son site.
Lisez plutôt, c’est passionnant !
 
 
 

22 enseignements pour tous les apprentis scénaristes

A travers ces règles (ou plutôt conseils), Pixar met l’accent sur plusieurs points intéressants qui transparaissent bien à travers ses films :
  • La construction d’un personnage attachant est primordiale. L’empathie du public envers lui sera favorisée à travers la mise en avant de ses faiblesses (règle 1), de ses convictions (règle 13), des obstacles qu’il rencontrera (règle 16) et de sa manière d’y réagir (règle 15). Des personnages extrêmement caractérisés donc. Souvenez-vous l’intro magique de La-Haut : une vie résumée en 5 minutes. Nous serons jusqu’à la fin en empathie avec ce vieux monsieur même s’il est grincheux tout le reste de l’histoire.
  • Tenir compte des attentes du public (règles 15, 16 et 21). Elles sont plus importantes chez Pixar que l’avis des auteurs (règle 2). Une approche très « marketée » de la conception d’un scenario qui font dirent à certains que les scénaristes de Pixar sont des créatifs, pas des auteurs. Ce qui explique par exemple pourquoi le cinéma de Pixar est rempli de références et clins d’œil au public (je suis ton père Zorg !)
  • L’intrigue est simple (règle 4). Les films d’animation Pixar sont dotés de cette particularité unique : ils explorent à fond une idée simple (comment un robot seul sur terre s’occupe sur Terre, comment Remy va devenir un grand chef, etc.)
  • Cette idée simple s’appuie sur des ressorts dramatiques eux aussi simples mais extrêmement : la technique du contrepoint (regle 6). Cette dernière règle est essentielle dans le cinéma Pixar. Un rat gourmet, un robot avec un grand cœur, la tristesse moteur de l’éducation d’un enfant, … ces oppositions donnent de la profondeur au récit et créer des situations cocasses qui vont l’enrichir.
  • En simplifiant au maximum l’histoire sur la base d’une intrigue simple et de la technique du contrepoint, le thème ressortira plus facilement (règle 22). Une fois que Wall-E nous a fait découvrir ce monde post-apocalyptique, quoi de plus fort que nous montrer cette fleur qui repousse au milieu des déchets humains ?

 

Les autres règles ont traits à la technique de conception d’une histoire :
  • L’importance de se connaitre pour enrichir l’histoire (règles 10 et 18) et les personnages (règles 14 et 21) de son expérience (règle 14) et de ses goûts (règle 20)
  • Des techniques de travail qui préconisent d’aller à l’essentiel (règles 3, 4, 5 et 11) pour gagner en lisibilité, contourner les blocages (règle 8) et éviter de se mettre la pression inutilement (règle 9, règle 17).
  • La recherche de la créativité, cette muse, n’est pas pour autant mise de côté (règles 12 et 17). L’accent est ainsi mis sur l’importance de surprendre et éviter les clichés (règles 17 et 19).
Ces conseils sont très portées sur l’action : écrire, ne pas penser au gâchis, avancer quoi qu’il arrive, votre travail servira plus tard, etc. Une méthode positive, « à l’américaine », intéressante. Le film Vice-Versa traduit bien la méthode Pixar. L’idée est universelle (comment l’Homme gère ses émotions) et le thème aussi universel (le passage à l’adolescence et une certaine forme de maturité). Pour les traiter, Pixar adapte un ton simple et ludique : notre monde interne est un  jeu qui en grandissant se détruit avant de se reconstruire.

 

A vous de jouer

Si ces conseils prodigués par Pixar vous intéressent et souhaitez aller plus loin, je vous conseille de lire le document complet de Stephan Vladimir Bugaj (en anglais). Autre solution, lire l’analyse de Marc de Cineaste Independant, autre magicien scénariste qui détaille sur son site chaque règle.
Tout ou partie de ces 22 règles font-elles échos à votre projet ? Passez-les en revue et essayez de les appliquer à votre histoire et dites-moi lesquelles vous ont le plus aidé.
 
 




 

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