10 fins de films mémorables




Peut-être pas les meilleurs films de l’histoire du cinéma, mais assumèrent parmi les plus mémorables fins du 7ème art. Des conclusions qui ont contribué à forger la légende de 10 films. Attention : SPOILERS en masse !

 

Les Affranchis (Martin Scorsese, 1990)

The end :
Henry Hill, gangster mafieux, est arrêté par la police. Pour survivre, il balance ses amis de toujours avant de finir sa vie dans un pavillon de banlieue.
Pourquoi une fin mémorable?
Un modèle de fin ironique. Henry Hill échappe  contre toute attente à une mort programmée par ses anciens amis. Pourtant la vision de cet homme,  autrefois si propre sur lui, négligé, en peignoir dans ce quartier pavillonnaire de banlieue sans âme donne l’impression qu’il se retrouve en prison. Pire encore : il ne semble rien avoir appris de son parcours, il est même nostalgique de sa vie de criminel.

 

 

 

Les Raisins de la colère (John Ford, 1940)

The end :
Après avoir commis un meurtre, Tom Joad se voit obligé de quitter sa famille. Dans un long discours il explique à sa mère en pleurs qu’il promet de défendre les opprimés où qu’ils soient.
Pourquoi une fin mémorable?
De l’émotion à l’état brut. Tout le récit tend vers ce manifeste de Tom Joad : symbole de l’injustice vécue par les migrants américains du début du 20ème siècle vers la Californie, la destinée de la famille de Joad est malgré tout un véritable message d’espoir et d’appel à continuer la lutte. Le discours final de Tom Joad transcende complètement l’histoire et lui confère une dimension universelle et politique à la fois inattendue et salvatrice pour le public qui, il faut l’avouer, a déjà bien souffert avec eux jusqu’ici. Il ne vous est pas interdit de pleurer en écoutant Tom !

 

 

 

Birdy (Alan Parker, 1984)

The end :
Se prenant pour un oiseau depuis son retour du Vietnam, Birdy s’enfuit par le toit de l’hôpital psychiatrique aidé de son ami Al. Ce dernier a peur qu’il tente de s’envoler en sautant du toit… mais constate qu’il finalement est parfaitement sain.
Pourquoi une fin mémorable?
Birdy se retourne et parle pour la première fois du film à Al. C’est le dernier plan du film. Un seul plan pour démontrer que Birdy (ou plutôt le scénariste)  nous a roulé dans la farine pendant toute l’histoire. Le récit au départ ultra-réaliste (le retour de la guerre du Viet-Nam,  et son lots d’estropiés et âmes perdues) basculait tranquillement vers une ambiance fantastique avec en fond sonore la musique aérienne de Peter Gabriel. Tout doucement nous commencions à croire comme son ami Al à l’impensable : et si Birdy était vraiment devenu un oiseau ? Un plan, un seul, aura suffit a démontrer le contraire. Et – coup de génie – après ce bref plan : générique. Et le spectateur obligé de redescendre sur terre : non les miracles n’existent pas, la guerre tue et fais faire des choses les plus insensées aux Hommes pour survivre un jour de plus.

 

 

Usual suspects (Bryan Singer, 1995)

The end :
Après avoir aidé l’inspecteur Kujan à reconstituer les éléments clefs de l’histoire, Verbal Kint quitte libre le poste de police.. En observant son bureau Kujan réalise que Kint a inventé l’histoire de toute pièce en s’inspirant des photos sur les murs de son bureau et qu’il est le meurtrier qu’il recherche.
Pourquoi une fin mémorable?
Une intrigue puzzle qui explose à l’issue de la dernière révélation. Et quelle révélation ! Cette histoire rappelle a quel point que le public veut croire le narrateur. Il se laisse embarqué et à l’image de l’inspecteur ne cherche qu’a combler des trous du puzzle quitte à mettre de coté tout esprit critique. Ce genre de récit procure – tout comme le Sixième sens – l’envie de revoir l’histoire en boucle pour « comprendre » comment on a pas raté tel ou tel indice. Et puis quelle ironie : avoir sous ses yeux l’un des plus grands criminels de son époque sans se douter un instant de sa véritable identité !

 

 

 

L’Empire contre-attaque (Irvin Kershner, 1980)

The end :
Tout va mal pour la Rébellion : Han Solo est fait prisonnier, Luke Skywalker blessé par Dark Vador – son père –  et l’Empire semble en passe de mater la Rebellion…
Pourquoi une fin mémorable?
Certes nous sommes très familier aujourd’hui de ce type de fin en queue de poisson, mais c’est aussi à l’Empire contre-attaque qu’on le dois ! Premier blockbuster de l’histoire récente construit comme un épisode de « transition », le film contient pourtant son lot de révélation et de rebondissements qui ont permis de le rendre unique. La raison est en fait assez simple : l’Empire contre-attaque et le Retour du Jedi sont construit comme un diptyque qui ne correspond finalement qu’a une seule intrigue : la lutte de la Rébellion pour anéantir l’Empire. Si l’on prend la courbe de l’intrigue, l’histoire se termine tout simplement au tournant du récit : le héros est au plus mal et il va devoir prendre une décision irrévocable et assumer son destin. Du coup pas de scène finale forte, pas d’épilogue. Juste un sentiment de noirceur et cette phrase qui pose tellement de questions : Luke je suis ton père !

 

 

 

Casablanca (Michael Curtiz, 1943)

The end :
Rick ancien résistant, décide contre toute attente de reprendre part au conflit quitte à laisser partir son amour
Pourquoi une fin mémorable?
Une explosion de révélations! Voilà comment on pourrait résumer une des plus fameuses fins de l’histoire du cinéma. Une grande partie passif durant le film, le personnage de Rick prend des décisions dissimulées par les scénaristes qui vont montrer le fruit de sa transformation à travers ses actes : aider le résistant Laszlo à s’enfuir et lui-même reprendre le maquis avec le Lieutenant Renault qui devient son allié. D’une simple histoire d’amour impossible, le récit prend alors une véritable ampleur mondiale et évoque les valeurs de sacrifice nécessaires à l’époque pour vaincre le nazisme. Epique !

 

Etat second (Peter Weir, 1993)

The end :
Rescapé d’un accident d’avions, Max se sent invincible et provoque en permanence la mort au point de manger des fraises dont ils est pourtant mortellement allergique.
Pourquoi une fin mémorable?
Le titre original du film « Fearless » (sans peur) traduit bien le sentiment d’immortalité de Max. Il poussera sa logique jusqu’au bout à travers un test ultime, un déchirant appel au secours à sa femme. Plus le récit avance plus ses tentatives de provoquer la mort le conforte dans son sentiment d’invulnérabilité et l’éloigne de ses proches. Même s’il se sent comme un homme meilleur depuis le crash, le final montre son besoin de redevenir « normal ». L’utilisation symbolique de la fraise qu’il mange renvois à son besoin de croquer la Pomme et retrouver sa mortalité (le film est rempli de symboles religieux). Récit d’horreur au départ, puis progressivement quête mystique, le film termine sur une touche humaine et un récit d’amour. Seule sa femme qui connaît ses faiblesse (son allergie donc) peut le sauver. Bouleversant isn’t it?

 

 

Lost in Translation (Sofia Coppola, 2003)

The end :
Après s’être rapproché durant leur séjour à Tokyo, Bob et Charlotte doivent se séparer. Avant de partir Bob prend Charlotte dans ses bras et lui susurre quelque chose a l’oreille …
Pourquoi une fin mémorable?
Frustré de ne pouvoir clairement définir la relation ambiguë entre Bob et Charlotte (simple amitié? relation père-fille? … ou plus?), le spectateur attend comme tout bon mélo le dénouement à travers la décision finale du héros. Déclarera-t-il sa flamme? La laissera-t-il partir? Résultat : une nouvelle frustration avec ces mots que personne ne peut interpréter (enfin si certains ultra ont essayé!). Le mystère comme proposition de dénouement : une réponse tout a fait adaptée pour deux être qui n’ont jamais réellement assumé leur place dans la société, et qui n’osent plus prendre de risque. Et de longs débats pour savoir ce qu’aurait pu dire Bob a Charlotte …  Simple mais terriblement efficace !

 

 

 

 

Sixième sens (M.Night Shyamalan, 1999)

The end :
On est vraiment obligé de vous raconter la fin ? Bon rapidement : le jeune Cole assume ses pouvoirs paranormaux pour faire le lien entre morts et vivants et annonce a son psychologue qu’il est lui-même mort !
Pourquoi une fin mémorable?
Une des fins les plus fortes de l’histoire récente du cinéma. M.Night Shyamalan comme en attestera sa filmographie future prouve qu’il est le scénariste-roi de la révélation. Ou l’art de renverser totalement une histoire à travers un twist imparable. Twist qui contrairement à ce que pensent certains détracteurs n’est jamais gratuit puisqu’à bien regarder, il sert à clore la transformation du psychologue, transformation entamée dès le début du récit : à savoir accepter sa mort. La nécessité de cacher la mort du psychologue est ici justifiée par le fait que lui-même est dans le déni. Du grand art  de magicien !

 

 

 

La Vie est belle (Frank Capra, 1946)

The end :
Criblé de dettes, George Bailey pense au suicide mais un ange le convainc d’y renoncer en lui montrant ce que serait le monde s’il n’avait pas existé.
Pourquoi une fin mémorable ?
Vos questions sur le sens de la vie trouveront enfin une réponse à travers le final renversant de ce film. Toutes les longues scènes d’expositions y prennent un sens nouveau. Tout au long du récit, l’univers de Georges nous est détaillé notamment ses interactions avec chaque membre de la communauté. Puis avec un coup de baguette magique d’un ange (ou du scénariste!) voici que nous est démontré ce que l’on n’avait pas vu au départ : à quel point Georges – et à travers lui les Hommes – ont un rôle a jour dans ce monde, à quel point ils peuvent contribuer au bien-être ou au bonheur d’autrui. Cette parenthèse fantastique – imaginer le monde sans George – est tout simplement la démonstration du thème au public. Elle  est certes manichéenne, elle n’en demeure pas moins puissante et emporte tout sur son passage, y compris George qui lorsqu’il retourne dans le présent se sent prêt à affronter la vie et ses problèmes.

 

Ils auraient pu figurer aussi dans cette liste :

L’Echelle de Jacob, Inception, Fight Club, La Prisonnière du désert, Le Pont de la rivière Kwai, La Liste de Schindler, Les Oiseaux, Million Dollar Baby, La Grande Evasion, Le Salaire de la peur, l’Armée des 12 singes…

A vous de jouer…

Quels sont selon vous les fins de films mémorables ?

 




 


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